Annales des télécommunications  / Annals of telecommunications 

Vol. 61, n°7-8, juillet-août 2006

Vol. 61, n°7-8, July-August 2006

 

The new electronic communication law

Le nouveau droit des communications électroniques

 

guest editors : Isabelle de Lamberterie, Xavier Strubel

 

 

Du droit des télécommunications au droit des communications électroniques : quel changement de modèle?

 

Annie BLANDIN*

* GET/ENST Bretagne – Technopôle de Brest-Iroise, 29285 Brest cedex, France ; annie.blandin@enst-bretagne.fr

 

Résumé

Le modèle sectoriel issu du cadre réglementaire des télécommunications est désormais étendu aux communications électroniques, terme qui résulte de la prise en compte de la convergence des télécommunications, des médias et des technologies de l’information. Dans le même temps, ce modèle tend à se diluer dans le droit commun de la concurrence qui a vocation à se substituer à la réglementation sectorielle. D’ores et déjà, celle-ci ne s’applique qu’aux entreprises puissantes sur les différents marchés pertinents. Mais ce modèle concurrentiel tend lui-même à être subordonné à un modèle qui fait une meilleure place aux objectifs d’intérêt général comme le service universel ou la diversité culturelle. Ainsi s’amorce un mouvement inverse où ce sont les objectifs du droit des contenus qui pourraient contribuer à redéfinir certains aspects du droit des réseaux.

 

Mots clés : Droit des télécommunications, Droit de la communication, Réglementation télécommunication, Droit européen, Droit Concurrence.

 

 

From telecommunications to electronic communications law: query on a change of legal pattern

 

Annie BLANDIN*

* GET/ENST Bretagne – Technopôle de Brest-Iroise, 29285 Brest cedex, France ; annie.blandin@enst-bretagne.fr

 

Abstract

The sector-based model stemming from the regulatory framework for telecommunications, was extended to electronic communications, a term which takes into account the convergence of the telecommunications, broadcasting and IT sectors. At the same time, this model tends to dissolve in the general competition rules which are supposed to replace the sectoral regulation. Already, this regulation applies exclusively to operators having a significant market power on the relevant markets. But this competition model itself, is subordinated to general interest objectives, as universal service or cultural diversity. Thus, a new evolution is initiated, where the objectives of contents regulation could help to redefine some aspects of network regulation.

 

Key words: Telecommunication law, Communication law, Telecommunication regulation, European law, Competition law.

 

 

Le nouveau statut juridique de la communication électronique en France

 

Bertrand du MARAIS*

* UFR de Sciences Juridiques, Université de Paris X Nanterre – 200, avenue de la République, 92001 Nanterre Cedex, France ;

 

Résumé

L’année 2004 a été marquée par de profonds bouleversements dans le droit français des télécommunications, avec la transposition du deuxième « paquet » de législation communautaire et l’achèvement de la banalisation du statut de l’opérateur historique, France Télécom. Le nouveau régime ainsi créé est plus souple quant aux conditions d’entrée sur les différentes segments du marché des télécommunications mais prévoit des modalités plus contraignantes en ce qui concerne le contrôle des opérateurs au regard de l’objectif d’établir une concurrence effective.

 

Mots clés : Droit des télécommunications, France, Législation, Service universel, Aspect politique, Opérateur télécommunication.

 

 

 

 

A new legal framework for electronic communications in France

 

Bertrand du MARAIS*

* UFR de Sciences Juridiques, Université de Paris X Nanterre – 200, avenue de la République, 92001 Nanterre Cedex, France ;

 

Abstract

In 2004, the French legal framework applicable to telecommunications has experienced tremendous changes. The aims of these reforms were to transpose into domestic law the second European Telecommunications 2002 package and to complete the total change of France Telecom, the incumbent operator. On the one hand, this new legal framework fosters free entrance in the market. On the other hand, it builds a tighter control of operators in order to ensure effective competition.

 

Key words : Telecommunication law, France, Legislation, Universal service, Political aspect, Telecommunication operator.

 

 

Audiovisuel et télécoms : quelles convergences?

 

Michelle JEAN-BAPTISTE*

* TOPFORMATION-MJB consulting, 11 place Maurice Thorez, 94800 Villejuif, France ; mjb@topformation.com

 

Résumé

Traditionnellement, audiovisuel, télécommunications et technologies de l’information sont trois industries distinctes gouvernées par trois systèmes de régulation séparés. Du fait du développement du numérique intervenu tant sur le plan technique que économique, toutes les communications qui utilisent les réseaux de transmission électrique peuvent transmettre les mêmes services : non seulement ceux fournis par les réseaux comprenant la téléphonie et l’audiovisuel traditionnels mais aussi les « services en ligne » comme Internet par exemple. Ce phénomène appelé « convergence » a généré de profonds changements des modèles économiques et réglementaires. Depuis plusieurs années, malgré la réalité des convergences technique et économique, l’environnement juridique reste sectorisé. Il faudra attendre les directives européennes du nouveau « Paquet Telecom » et leur transposition récente en droit français pour assister à une amorce de création d’un droit convergent des services de communications électroniques. Cet article examine l’impact du phénomène en termes de défis et de barrières réglementaires.

 

Mots clés : Droit de la communication, Audiovisuel, Télécommunication, Internet, Droit concurrence, Réglementation, Technologie information, Droit européen, Autorité de régulation des communications électroniques et des postes.

 

 

 

Broadcasting and telecommunications: which convergences?

 

Michelle JEAN-BAPTISTE*

* TOPFORMATION-MJB consulting, 11 place Maurice Thorez, 94800 Villejuif, France ; mjb@topformation.com

 

Abstract

Traditionally, broadcasting, telecommunications and information technologies have been distinct industries governed by three separate regulatory systems. As a result of the development of digitalisation occurring both at a technological and market level, all communications which use electronic transmission networks can send the same services : not only those provided by networks including broadcasting and telephony, but also “online services” like Internet for example. This phenomenon, called “convergence”, is generating profound variations to the traditional business and regulatory models. For several years, in spite of the technical and economical convergences reality, the judicial environment stay divided into sectors. We have to wait for European directives named « Paquet Telecom » and their recent transposition in French law for attending a beginning of the creation of an electronic communications services law. This article examines the impact of the phenomenon in terms of regulatory challenges and barriers.

 

Key words : Communication law, Broadcast, Telecommunication, Internet, Competition law, Regulation, Information technology, European law, ARCEP.

 

 

 

 

 

Administration électronique, interopérabilité et sécurité : les risques de l’ambivalence

 

Jean-Jacques LAVENUE*

* Université Lille 2, Faculté des Sciences juridiques, politiques et sociales de Lille – 1, place Déliot, BP 629, 59024 Lille cedex, France.

 

Résumé

La notion de sécurité est très présente lorsque l’on parle de mise en place d’une administration électronique et du concept d’interopérabilité dont elle suppose la mise en place. Elle apparaît alors de deux manières. Soit comme objectif poursuivi : l’interopérabilité devenant le moyen d’assurer la sécurité en permettant de lutter ou d’améliorer le combat contre différents périls : terrorisme, fraude à l’immigration, falsification et vols de documents etc…. Soit comme condition de sa mise en oeuvre : la sécurité étant alors celle que l’on doit assurer aux citoyens ou usagers pour la protection de leurs droits, de leur vie privée, et des conditions dans lesquels l’usage des nouveaux instruments de l’administration électronique (carte d’identité électronique, passeport biométrique, dossier médical partagé, carte de fonctionnaire, etc…) pourra être fait. Ces deux dimensions de la notion de sécurité dont on pourrait dire que l’une relève plus de la sûreté et l’autre de la fiabilité des systèmes sont bien évidemment liés, mais peuvent induire des dimensions contradictoires qu’il importera de maîtriser. L’absence de réglementations rigoureuses ne doit pas être occultée par un discours sur l’urgence sécuritaire. Nous évoquons ici quelques projets en cours qui pourront fournir quelques pistes de réflexion.

 

Mots clés : Administration publique, Interopérabilité, Sécurité Internet, Protection de la vie privée, Biométrie, Carte à puce, Sécurité informatique.

 

 

 

E-administration, interoperability, security and safety: the risks of ambivalence

 

Jean-Jacques LAVENUE*

* Université Lille 2, Faculté des Sciences juridiques, politiques et sociales de Lille – 1, place Déliot, BP 629, 59024 Lille cedex, France.

 

Abstract

The notion of security and safety is eminently present when one considers the setting up of an e-administration and the concept of interoperablility which is assumed to be established. Hence it is revealed in two ways. Firstly, as the objective which is intended : interoperability becoming the means to gurantee security by combatting, or improving the struggle, against different perils : terrorism, immigration fraud, forgery and theft of documents, etc. Secondly, as the condition of its establishment : security thus being the duty owed to citizens and users to protect their rights, private life and the conditions for the use of such new e- administration instuments as electronic identity cards, biometric passports, shared medical files, public service ID cards, etc. These two dimensions of the notion of security, one of which comes within the framework of national security and the other of system reliability, are very obviously connected, yet they may result in contradictory dimensions which need to be controlled. The lack of strict regulations must not be overshadowed by the urgent need for public security. In this work we touch on several projects under way which may give rise to new fields of reflection.

 

Key words : Public administration, Interoperability, Internet security, Private life protection, Biometry, Smart card, Computer security.

 

 

 

 

Internet content regulation: what method?

 

Janine S. HILLER*, Ronnie COHEN**

* Virginia Polytechnic Institute; Finance, Insur., Bus. Law – 2120 Pamplin Hall, Blacksburg, VA 24061, USA; jhiller@vt.edu

** Christopher Newport University – 1, University Place Newport News, VA 23606, USA.

 

Abstract

The law and regulation of electronic communications in the United States (US) is fragmented, overlapping, and controversial, with overarching First Amendment limitations for government action directed toward content. Because the law was written for “legacy” systems of telecommunications without regard for the present convergence of the industry and media, there are different laws, different administrative oversight, and sometimes conflicting legislative policies depending on the delivery mechanism and media. Because of this complexity, this article focuses on content regulation of internet communications broadly defined, how it impacts providers of telecommunications, and conversely how the private actions of providers impact content regulation. We begin with a discussion of the First Amendment to the United States Constitution, as it is essential to an understanding of the limitations to federal regulation. Then, federal statutory attempts to regulate internet content are examined followed by a discussion of the applicable administrative law. The last section of the article describes how private entities have filled in the gap in the absence of government regulation by private terms of use, and in conclusion compares this approach to other regulatory mechanisms.

 

Key words : Regulation, Internet, United States, Legislation, Communication law, Public administration, Internet service provider.

 

 

 

La réglementation des contenus de l’Internet : quelle méthode ?

 

Janine S. HILLER*, Ronnie COHEN**

* Virginia Polytechnic Institute; Finance, Insur., Bus. Law – 2120 Pamplin Hall, Blacksburg, VA 24061, USA; jhiller@vt.edu

** Christopher Newport University – 1, University Place Newport News, VA 23606, USA.

 

Résumé

Aux États-Unis, les lois et réglementations sur les communications électroniques sont fragmentées, se chevauchent, sont sujettes à controverse, et sont soumises aux limitations fondamentales du Premier Amendement pour toute mesure gouvernementale sur les contenus. La loi a été écrite pour des systèmes traditionnels de télécommunication sans considérer la convergence actuelle entre l‘industrie et les médias. Le résultat est l’existence de lois différentes, de supervisions administratives différentes, et parfois de politiques législatives contradictoires selon les mécanismes de distribution et les médias. En raison de cette complexité, cet article insiste sur la réglementation du contenu des communications par l’Internet  (définies de façon large), la manière dont elle affecte les fournisseurs de télécommunication, et comment, à leur tour, les actions des fournisseurs affectent la réglementation des contenus. Nous commençons par une discussion du Premier Amendement à la Constitution des États- Unis, car il est essentiel à la compréhension des limitations à la réglementation fédérale. Ensuite, nous examinons les tentatives fédérales pour réglementer le contenu de l’Internet, suivi par une discussion des textes administratifs qui s’appliquent. La dernière partie de cet article décrit comment des entités privées ont compensé le manque de réglementation gouvernementale en établissant des conditions d’utilisation privées et conclut en comparant cette approche à d’autres mécanismes de régulation.

 

Mots clés : Réglementation, Internet, États-Unis, Législation, Droit de la communication, Administration publique, Fournisseur accès Internet.

 

 

 

European competition law in the electronic communications sector: evolution and critical analysis

 

Claudio FEIJÓO*, José Luis GÓMEZ-BARROSO**, David ROJO-ALONSO*

* Grupo de Tecnologías de la Información y las Comunicaciones (GTIC), Dpto. SSR., E.T.S.I. Telecomunicación, Universidad Politécnica de Madrid – Ciudad Universitaria s/n. 28040 Madrid, Spain; {cfeijoo; drojo}@gtic.ssr.upm.es

** Dpto. Economía Aplicada e Hª Económica, Universidad Nacional de Educación a Distancia (UNED) – Pº Senda del Rey, 11. 28040 Madrid (Spain); jlgomez@cee.uned.es

 

Abstract

Following a preparatory process that lasted about ten years, on January 1, 1998, the telecommunication services market was completely liberalised in most European Union countries. It was obvious that in the telecommunications industry, competition could not be quickly established simply by knocking down the legal obstacles. As a result, the first regulatory framework tried to meticulously “conduct” the development of competition in the market. Nevertheless, this scheme evolved along with technology and market competition development. A new regulatory framework for electronic communications was approved in 2002; its main objective is the rapprochement of sectorial regulation towards general Competition Law, based on an ex post intervention. The article sumarises these regulatory changes and then focuses on the description and analysis of the main main novel instruments which are being applied under the current regime. Additionally, a critical assessment of the results achieved since its enforcement is made pointing out further challenges to be faced by its progressive practical implementation. The analysis of the weaknesses of the current model is particularly interesting at a time when the European Commission has already started the reform of the regulatory framework in force.

 

Key words : Telecommunication law, Telecommunication regulation, European law, Competition law, Economic market, Legislation, Evolution.

 

 

 

Réglementation européenne sur la concurrence dans le secteur des communications électroniques: évolution et analyse critique

 

Claudio FEIJÓO*, José Luis GÓMEZ-BARROSO**, David ROJO-ALONSO*

* Grupo de Tecnologías de la Información y las Comunicaciones (GTIC), Dpto. SSR., E.T.S.I. Telecomunicación, Universidad Politécnica de Madrid – Ciudad Universitaria s/n. 28040 Madrid, Spain; {cfeijoo; drojo}@gtic.ssr.upm.es

** Dpto. Economía Aplicada e Hª Económica, Universidad Nacional de Educación a Distancia (UNED) – Pº Senda del Rey, 11. 28040 Madrid (Spain); jlgomez@cee.uned.es

 

Résumé

Suite à un processus préparatoire qui a duré environ dix années, le marché des services de télécommunication a été complètement libéralisé dans la plupart des pays de l’Union Européenne le 1er janvier 1998. C’était évident que dans l’industrie des télécommunications, la compétition ne pourrait pas être rapidement établie simplement en renversant les obstacles légaux. En conséquence, la première structure régulatrice a essayé de « mener » méticuleusement le développement de la concurrence dans le marché. Néanmoins, ce plan a évolué avec la technologie et le progrès de la compétition. Un nouveau cadre réglementaire pour les communications électroniques a été approuvé en 2002 ; son objectif principal étant de rapprocher la régulation sectorielle vers le droit générale de la concurrence, basé sur une intervention ex post. L’article décrit ces modifications dans la régulation pour après se concentrer sur la description et l’analyse des principaux instruments nouveaux qui sont appliqués sous le régime actuel. En plus, une évaluation critique des résultats accomplis depuis sa mise en application est faite, en signalant notamment les défis supplémentaires que sa mise en pratique progressive devra viser. L’analyse des faiblesses du modèle courant est particulièrement intéressante du moment que la Commission Européenne a déjà commencé la réforme du cadre régulateur.

 

Mots clés : Droit des télécommunications, Réglementation télécommunication, Droit européen, Droit Concurrence, Marché économique, Législation, Évolution.

 

 

 

Quelle(s) responsabilité(s) des intermédiaires techniques sur Internet?

 

Valérie Laure BENABOU*

* Université de Versailles Saint Quentin, faculté de droit et de science politique – 3, rue de la Division Leclerc, 78280 Guyancourt, France.

 

Résumé

L’article s’efforce d’analyser les mécanismes de responsabilité mis à la charge des intermédiaires techniques sur Internet, à travers le prisme de la responsabilité de droit commun. Il entreprend de déceler en marge mais aussi à l’intérieur même des régimes spéciaux la place du droit commun de la responsabilité. Il pose également les questions d’approche méthodologique pour mettre en oeuvre les éléments constitutifs de cette responsabilité dans un environnement particulier.

 

Mots clés : Fournisseur accès Internet, Responsabilité, Droit de la communication, Législation, Jurisprudence, Internet.

 

 

 

What kind of responsibility for the technical intermediaries on the Internet?

 

Valérie Laure BENABOU*

* Université de Versailles Saint Quentin, faculté de droit et de science politique – 3, rue de la Division Leclerc, 78280 Guyancourt, France.

 

Abstract

The article tries to analyze the mechanisms of responsibility applicable to the technical intermediaries on the Internet, through the prism of the general tortuous liability. The main purpose is to define a method of application of the conditions of liability in the specific environment of Information Society. It is also aimed to identify the scope of the latter outside but also inside special regimes of liability on service providers or hosting entities.

 

Key words :Internet service provider, Responsability, Communication law, Legislation, Jurisprudence, Internet.

 

 

 

 

La réglementation de la cryptologie en France de 1990 à 2005

 

Claudine GUERRIER*

* GET/INT – 9, rue Charles Fourier, 91011 Evry cedex, France ; claudine.guerrier@int-evry.fr

 

Résumé

La cryptologie fut pendant longtemps, en France, l’apanage de l’armée. La cryptographie était considérée non comme un moyen de communication, mais comme une arme. Aujourd’hui, en France comme dans l’ensemble de l’Union européenne, la cryptographie est utilisée librement, dans l’ensemble des États-nations. La fourniture, l’importation, l’exportation des moyens et des prestations de cryptologie sont libéralisés. Cet article a pour finalité d’étudier les rapports entre la liberté et la sécurité dans le domaine de la cryptologie en France. Le processus de libéralisation s’explique, dans une faible part, par la dérégulation des télécommunications, et, dans une grande part, par l’émergence du commerce électronique. La sécurité n’est pas oubliée. La cryptologie n’est pas un outil comme les autres. Des régimes, certes limités, d’autorisations ou de déclarations, subsistent. Le non-respect de ces dispositions donne lieu à des sanctions dont il convient d’interroger la fiabilité. Le binôme liberté/sécurité apparaît aussi dans la signature électronique, qui a été adoptée au niveau de l’Union européenne (directive de 1999) et dans les divers pays européens, notamment la France. La signature électronique, via les prestataires de services de certification a besoin de la cryptologie, pour être authentifiée et protégée. Les industriels ont donc réussi, en libérant la cryptologie, et les logiciels de cryptologie à participer à une grande oeuvre, qui est loin d’être terminée : la sécurité de la société de l’information.

 

Mots clés : Cryptographie, Réglementation, Déréglementation, Commerce électronique, Évolution, Législation, Droit pénal.

 

 

 

The cryptology in France from 1990 to 2005

 

Claudine GUERRIER*

* GET/INT – 9, rue Charles Fourier, 91011 Evry cedex, France ; claudine.guerrier@int-evry.fr

 

Abstract

The cryptology has been for a long time the fact of the army. The cryptography was considered not as a mean of communication but as a weapon. Nowadays, in France the cryptography can be used with a free access. The supply, the importation and the exportation of means and services of cryptology have been liberalized. The purpose of this article is to study the relations between liberty and security in the frame of the cryptology, for France. The process of liberalization can be explain by the deregulation in the telecommunication field for a small part, and by the emergence of the electronic trade for the biggest part. The security has not been forgotten. The cryptology is not a tool as the others. Some few restrictions of authorizations and declarations have been maintained. The non respect of these restrictions can generate sanctions not always used. The relation liberty/security appeared also in the electronic signature, adopted by the European Union in 1999 and in the European countries, especially in France. The electronic signature, by the way of the certification services need to use the cryptology, to be recognized and protected. The industrials have succeed, with the liberalization of the cryptology and their software, to build a famous system, not already finished: the security of the society information.

 

Key words : Cryptography, Regulation, Deregulation, e-business, Evolution, Legislation, Criminal law.

 

 

 

 

The digital signature dilemma

 

Jean-François BLANCHETTE*

* Department of Information Studies, University of California, Los Angeles, Box 951520, Los Angeles, CA 90095- 1520, USA; Email: blanchette@ucla.edu; Web:http://polaris.gseis.ucla.edu/blanchette.

 

Abstract

The last ten years have seen an enormous amount of legal, regulatory, and technological activity aimed at designing a proper electronic equivalent to handwritten signatures. One such design, that of cryptology-based (or digital) signatures, has succeeded over other solutions to the point where, in certain legal systems, such as those of the Member States of the European Union, electronic signatures are almost exclusively understood to be based on public-key cryptography. Yet, several archival institutions (including the National Archives of Canada, Australia and the US) have expressed ambivalence at the prospect of preserving digitally signed records. This paper argues that discrepancies between technical, legal and archival responses to the problem of long-term preservation of digitally signed documents are founded on diverging understandings – physical vs. contextual – of electronic authenticity.

 

Key words : Digital signature, Electronic filing, Cryptography, Law.

 

 

 

 

Le dilemme de la signature numérique

 

Jean-François BLANCHETTE*

* Department of Information Studies, University of California, Los Angeles, Box 951520, Los Angeles, CA 90095- 1520, USA; Email: blanchette@ucla.edu; Web:http://polaris.gseis.ucla.edu/blanchette.

 

Résumé

Depuis dix ans, d’énormes efforts ont étés déployés sur le plan juridique, technologique et législatif dans le but d’élaborer un équivalent électronique à la signature manuscrite. Un des mécanismes proposé à cet effet est celui de la ‘signature numérique’, fondé sur les technologies de cryptographie à clé publique. Dans certain systèmes juridiques (p.ex., ceux des États Membres de l’Union Européenne), l’approche cryptographique a rencontré un tel succès auprès des législateurs que la signature électronique s’y comprend presque exclusivement en termes de cette méthode. Néanmoins, plusieurs institutions archivistiques (entre autres, les Archives Nationales du Canada, de l’Australie et des Etats Unis) ont exprimé une certaine ambivalence à l’idée de préserver des documents d’archives signés numériquement. Cet article propose que les différences entre les propositions techniques, juridiques, et archivistiques face au problème de la préservation de documents numériques signés sont fondées sur des conceptions divergentes de l’authenticité électronique – physique versus contextuelle.

 

Mots clés : Signature électronique, Archivage électronique, Cryptographie, Droit.

 

 

 

 

 

Consumers and electronic communications laws in Europe and England: reaping the rewards of the new regulatory framework

 

Christine RIEFA*

* Brunel University, England.

 

Abstract

This article addresses the extent to which the new regulatory framework protects the interests of consumers in the EU and more particularly in the UK. It identifies three means through which consumers are to reap the rewards of the new framework. First of all, effective competition in the electronic communications sector will provide consumers with a market able to deliver value for money. In addition, the Universal Service Directive 2002/22/CE and its set of specifically targeted rules will directly impact consumer protection. Finally it is via the devolution of powers to the National Regulatory Authorities by the Framework Directive 2002/21/CE that consumers will feel the full effects of the new regulatory framework.

 

Key words : Communication law, Telecommunication regulation, Competition law, Universal service, European Union, United Kingdom.

 

 

 

Consommateurs et droit des communications électroniques en Europe et en Angleterre: tirer bénéfice du nouveau paquet télécoms

 

Christine RIEFA*

* Brunel University, England.

 

Résumé

Cet article apporte une clarification sur la protection des consommateurs dans le nouveau paquet télécoms au niveau européen et plus particulièrement en Angleterre. Trois moyens de protection des consommateurs sont identifiés. Tout d’abord, c’est par la régulation de la concurrence sur le marché des communications électroniques que les consommateurs seront bénéficiaires. De plus, la directive service universel 2002/22/CE et ses provisions spécifiques pour la protection des consommateurs auront un impact direct. Enfin, c’est par la dévolution de pouvoirs aux autorités nationales de régulation par la directive cadre 2002/21/CE que les consommateurs ressentiront le plein effet du nouveau paquet télécoms.

 

Mots clés : Droit de la communication, Réglementation télécommunication, Droit Concurrence, Service universel, Union européenne, Royaume Uni.

 

 

 

 

 

 

La protection de la vie privée dans les réseaux : des paradigmes alarmistes aux garanties effectives

 

Pierre TRUDEL*

* Université de Montréal, Faculté de droit, Centre de Recherche en Droit Public (CRDP) – Pavillon Maximilien- Caron, 3101, chemin de la Tour Montréal (Québec) H3T 1J7, Canada ; pierre.trudel@umontreal.ca.

 

Résumé

Il faut actualiser les approches afin de protéger effectivement la vie privée dans les réseaux. Le cadre juridique doit assurer la dévolution des efforts conséquents à l’égard des informations personnelles présentant des enjeux significatifs pour la vie privée. Il faut recentrer le cadre juridique de manière à accroître les garanties de qualité de l’information utilisée pour prendre des décisions. Dans l’univers des réseaux, l’information est persistante et circulante. Tenter d’en empêcher la circulation au cas où elle serait mal utilisée est une approche de plus en plus onéreuse et de moins en moins efficace. Le ciblage défectueux du droit de la protection des données personnelles affaiblit la protection de la vie privée des personnes. Les approches actuelles nient la légitimité de la circulation de certaines informations dans les espaces publics. L’extension indue du principe de finalité porte à privilégier une protection purement formelle des données personnelles en imposant des barrières artificielles et tatillonnes à la circulation de l’information sans gain pour la protection de la vie privée. Devant les rigidités découlant de ces interprétations abusives, tant les administrations que les législateurs ont été amenés à recourir à des expédients comme le développement de pratiques de gestion du consentement et on a multiplié les lois d’exception, affaiblissant ainsi la protection des données personnelles. Pire, on a négligé de rendre plus efficace les règles à l’encontre des pratiques vraiment attentatoires à la vie privée en négligeant l’application effective des lois sur la protection des données. La modernisation effective du droit de la protection des données personnelles passe par une relecture critique des applications qui en a été faite et une évaluation lucide des contextes dans lesquels circulent désormais les informations. Ce serait affaiblir le droit à la vie privée que de se réfugier dans une frileuse défense des mécanismes formalistes hérités des époques antérieures puisque cela accroît les risques d’une protection de plus en plus factice.

 

Mots clés : Protection de la vie privée, Technologie de l’information, Vie privée, Système d’information, Transfert information, Internet, Droit de l’informatique.

 

 

 

Privacy protection in networks: from alarmists paradigms to effective guarantees

 

Pierre TRUDEL*

* Université de Montréal, Faculté de droit, Centre de Recherche en Droit Public (CRDP) – Pavillon Maximilien- Caron, 3101, chemin de la Tour Montréal (Québec) H3T 1J7, Canada ; pierre.trudel@umontreal.ca.

 

Abstract

Actualization of legal approaches are needed to protect effectively the right of privacy. In network environments, data circulates and it is persistent. Trying to prevent misuse by hindering circulation is less and less effective. Legal framework must be reframed in order to improve guarantees of quality of information used to take decisions about individuals. In network universe, information is persistent and circulating. Trying to prevent information circulation just in case that it would be misused is a costly and inefficient approach. Privacy protection is weakened by faulty targeting of privacy law based on approaches prevailing in the 1970s and 1980s. Those approaches deny that it is legitimate for some information to circulate in public spaces, but do not provide effective protection for information truly relevant to privacy. The risk of ending up with a set of rules incompatible with the requirements of government seems sufficiently serious to justify assessment of the current legal framework and approaches that could increase its effectiveness. Given the inflexibility resulting from inappropriate interpretations, both government officials and legislators have had to resort to expedients, such as consent management and legislation establishing exceptions, thereby weakening protection for personal information. Worse, by paying little attention to effective enforcement of privacy legislation in situations where there is great risk of violation, we have failed to strengthen regulations against practices that truly invade privacy. Effective modernization of privacy legislation requires a critical rereading of the legislation’s foundations and how it has been enforced. This demands a lucid evaluation of the contexts in which information circulates. We will only weaken privacy rights if we take refuge in a faint-hearted defence of formal mechanisms inherited from earlier times. If we take that approach, we will increase the risk of ending up with ever more illusory protection.

 

Key words : Private life protection, Information technology, Private life, Management information system, Information transfer, Internet, Computer science law.